Il est né le 17 février 1894, dans le village de Locmaria, dans l'Ile de Groix (Morbihan). C'est le fils aîné de Jean METAYER, né en 1867 à Groix et de Mélanie AUFFRET, née en 1868 à Groix. Ils se sont mariés en 1885. Ils habitent à Locmaria.

groix_240052L'ile de Groix est une commune (et un canton) composée d’une seule île de 4km sur 8. Située à 36 mètres d'altitude et voisine, par la mer, des communes de Larmor-Plage, et Port Louis. Elle compte aujourd'hui environ 2 350 hab. (mais en comptait 5800 en 1914) (appelés Grésillons ou Groisillons) qui résident sur une superficie de 14,8 km² (soit 158,7 hab/km²). Située à 5 milles de la côte, elle se trouve au large du port de Lorient (8 milles marins).

Il passe toute son enfance et toute son adolescence à l'ombre du clocher de la chapelle N.D. de Placemanec et sur la grève du village de Locmaria.

Très tôt, comme presque tous les natifs de l'île, il embarque comme mousse (vers 14/15 ans, peut-être même plus tôt) sur un thonier, commandé par son père, un oncle ou un voisin. En 1914, l'île compte plusieurs centaines de ces navires appelés "dundees" qui chassent le thon du début juillet à la fin septembre, du golfe de Gascogne au large de la pointe bretonne.

En principe mobilisable, pour son service militaire, dès le mois d'octobre 1914, en vertu de la loi des "3 ans" , il est appelé, dès le 3 août, à rejoindre le dépôt des équipages de Lorient. Il a 20 ans. Il est célibataire.

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Après avoir embrassé ses parents, il prend le vapeur, pour Lorient le matin du 3. Après un long moment d'attente, dans la cours, il est regroupé avec une centaine d'autres, dirigé vers la visite médicale, puis, considéré comme apte, vers la salle d'habillement. Rapidement, le voici sous l'uniforme de marin.

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Il n'a pas de formation, il n' pas de spécialité. Il reste matelot de 3ème classe. Il n'a pas d'affection sur un bâtiment, on le verse donc dans un bataillon de fusiliers marins. C'est un bleu, dans tous les sens du terme. Quelques jours de formation feront l'affaire.

Rapidement, ils sont informés qu'ils vont se rendre à Paris, pour une mission de maintien de l'ordre dans la capitale. Pour le jeune groisillon, c'est l'avanture, c'est une mission, plutôt réjouissante, les "vieux de la vielle" lui disent que les marins ont toujours eu la côte auprès des parisiennes.

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Cette photo n'est pas celle d'Eugène METAYER, mais de l'un de ses compagnons.

Malheureusement, la "vie parisienne" ne dure pas et le 7 octobre, changement de direction. La brigade embarque dans les trains pour Dunkerque, puis la Belgique

Dès le 10, les deux régiments sont au front, c'est le baptême du feu. La brigade a d'abord mission de couvrir la retraite de l'armée belge, puis quand cette mission est terminée, la bragde s'accroche à Dixmude. Elle avait pour mission de tenir 4 jours, elle résistera beaucoup plus. Les combats sont incessants.

Eugène est affecté au1er Régt de la Brigade des fusiliers marins, 2ème bataillon, 8ème cie (9ème escouade). 

Le 21 octobre, dans la nuit, il assiste à une fusillade intermittente. Au nord de Dixmude, les Allemands continuent leurs progrès jusqu’à l’Yser.

Le bombardement de Dixmude et des tranchées recommence à 6 heures du matin. Pendant l’après-midi, le bombardement devient violent; nombreux incendies dans la ville. Les compagnies de réserve dans Dixmude sont assez éprouvées.

Vers 19 heures, alerte... des renseignements arrivent, d’après lesquels certaines tranchées, tenues par les  Fusiliers_Marins_03belges, au sud de la ville seraient prises par les Allemands. L’Amiral donne l’ordre de reprendre les tranchées coûte qui coûte. Il envoie 3 compagnies de renfort et fait battre énergiquement avec l’artillerie les abords immédiats de Dixmude. Après une lutte violente, les Allemands sont repoussés et les tranchées sont réoccupées. A 21 heures, l’ordre est rétabli, mais les 3 compagnies de renfort restent dans les tranchées déjà occupées par les belges.  

Le 22 octobre, la bataille reprend à Dixmude, au milieu de la nuit. On signale de nouveau que des tranchées ont été évacuées au nord de la ville; 2 compagnies du 2ème régiment qui étaient prévues pour la relève y vont et rétablissent les affaires. Elles relèvent ensuite les 2 compagnies du 2ème régiment.

Dès l’aube, le bombardement recommence, moins nourri le matin, très intense de 12 à 13 heures, heure à laquelle il cesse. Après-midi calme. On en profite pour améliorer les tranchées et pour évacuer des blessés ennemis. On trouve de nombreux tués allemands tombés près des tranchées. 

Au nord de Dixmude, les Allemands ont franchi l’Yser dans la boucle de Tervaete, repoussant les troupes de la 4ème D.A. belge. Cette division va chercher par une contre-attaque, à jeter les Allemands dans l’Yser.

sepult_RFM_dunkerqueLe matelot Eugène METAYER est probablement blessé ce jour, il est évacué sur un hôpital de Dunkerque, où il décédera le 24 octobre.  Il est inhumé dans le cimetière militaire de Dunkerque. Tombe n°962.  Son décès est porté sur le registre d'Etat-civil de Groix, le 22 septembre 1915.

 

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