Il est né le 4 mars 1889 dans le village de Locmaria, dans l'Ile de Groix (Morbihan). C'est le fils aîné de Frédéric BLO(AU)REC, né en 1861 à Groix et de Victoire BARBIER, née en 1865 à Groix. Ils viennent de se marier le 28 mai 1888. Ils habitent à Locmaria

groix_240052L'ile de Groix est une commune (et un canton) composée d’une seule île de 4km sur 8. Située à 36 mètres d'altitude et voisine, par la mer, des communes de Larmor-Plage, et Port Louis. Elle compte aujourd'hui environ 2 350 hab. (mais en comptait 5800 en 1914) (appelés Grésillons ou Groisillons) qui résident sur une superficie de 14,8 km² (soit 158,7 hab/km²). Située à 5 milles de la côte, elle se trouve au large du port de Lorient (8 milles marins).

Il passe toute son enfance et toute son adolescence à l'ombre du clocher de la chapelle N.D. de Placemanec et sur la grève du village de Locmaria.

Très tôt, comme presque tous les natifs de l'île, il embarque comme mousse (vers 14/15 ans, peut-être même plus tôt) sur un thonier, commandé par son père, un oncle ou un voisin. En 1914, l'île compte plusieurs centaines de ces navires appelés "dundees" qui chassent le thon du début juillet à la fin septembre, du golfe de Gascogne au large de la pointe bretonne.

En 1909, il est appelé à faire son service militaire dans la marine nationale, "la royale" disait-on. Après ses classes, il est amené à se spécialiser et obtient rapidement un brevet de manoeuvrier. Il est embarqué sur le "???" ( à rechercher). A la fin de son service de deux années, il est titulaire du grade de quartier-maître, exactement : quartier maître de manoeuvre. Il reprend la vie civile et la pêche.

En juin 1914  (date exacte à rechercher), il se marie avec Anne Marie BIHAN, fille de  ??? BIHAN (Théodore Joseph ou Tudy - à rechercher). Ils résideront à Locmaria.

Le 1er aout 1914, il lit, comme tout un chacun, l'avis de mobilisation générale. Il a 25 ans.

En vérifiant son carnet militaire,06Vapeur__Port_Tudy_1905 il doit se rendre le 3 aout au dépôt des équipages de Lorient. Le 3 au matin, il embrasse ses parents et son épouse et se rend à Port Tudy, pour prendre le vapeur pour Lorient.

Après un dernier verre, avec quelques copains groisillons, dans un bistrot face à l'Arsenal. Il se présente à l'aubette et est dirigé immédiatement au dépôt.

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Après un long moment d'attente, dans la cours, il est regroupé avec une centaine d'autres, dirigé vers la visite médicale, puis , considéré comme apte, vers la salle d'habillement. Rapidement, le voici sous l'uniforme de marin.

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Il n'a pas d'affection sur un bâtiment, on le verse donc dans un bataillon de fusiliers marins, bien qu'il n'ait pas cette spécialité. Quelques jours de formation feront l'affaire.

Rapidement, ils sont informés qu'ils vont se rendre à Paris, pour une mission de maintien de l'ordre dans la capitale. Mission, plutôt réjouissante, les marins ont toujours eu la côte auprès des parisiennes.

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Cette photo n'est pas celle de Louis Maire BLAUREC, mais de l'un de ses compagnons.

Malheureusement la "vie parisienne" ne dure pas et le 7 octobre, changement de direction. La brigade embarque dans les trains pour Dunkerque, puis la Belgique

Dès le 10, les deux régiments sont au front, c'est le baptême du feu. La brigade a d'abord mission de couvrir la retraite de l'armée belge, puis quand cette mission est terminée, la bragde s'accroche à Dixmude. Elle avait pour mission de tenir 4 jours, elle résistera beaucoup plus. Les combats sont incessants.

Le 19 octobre, l’ennemi attaque en force Leke, Keyem et Beerst. Ces villages défendus par des forces belges demandent des renforts. La brigade se porte sur Keyem pour enrayer l’attaque ennemie. Le 1er bataillon du 2ème régiment (JEANNIOT) attaque Keyem par la route, le 2ème bataillon (CONTI) est en soutien. Le 3ème bataillon (MAUROS) qui est à Eessen attaque Hoograde par la route de Wladsloo
 

Le mouvement commence à 10 heures. Le bataillon JEANNIOT est accueilli par des coups de feu partant du village. Il se déploie très malaisément en raison du terrain coupé de canaux, de fossés pleins d’eau. Il est obligé d’attaquer d’abord Beerst. Il est assez éprouvé. Le bataillon qui le suit en soutien (CONTI) le remplace dans cette attaque et, en même temps, se couvre du côté de Keyem. Le 2ème bataillon du 1er régiment (de KERROS) vient en soutien du bataillon CONTI. Trop éprouvé, le bataillon JEANNIOT rentre à Dixmude. Le bataillon MAUROS débouche alors de Wladaloo sur Hoograde.

A 17 heures, Beerst est occupée par les marins. A 18 heures, ordre de revenir derrière l’Yser. La brigade décroche et rentre pendant la nuit dans les cantonnements tout à fait insuffisants de Caeskerke (2ème régiment) et Saint-Jacques Capelle (1er régiment). Ces mouvements sont terminés à 23 heures.

Le quartier-maître groisillon, Louis Marie BLOREC perdra la vie au cours de ces affrontements. C'est le premier marin groisillon tué, d'une trop longue liste.

(à rechercher, l'unité exacte : compagnie, bataillon et le lieu de sépulture)

Apparemment, il est d'abord porté disparu. Un jugement interviendra le 27 juillet 1920, par le tribunal de Lorient, qui confirmera son décès et son statut de "mort pour la France". Jugement transcris dans les registres de l'Etat-civil de Groix, le 4 août 1920.

 

LM_Blaurec