La brigade reste dans le camp retranché de Paris pendant tout le mois de septembre. Le 4 octobre, elle reçoit l’ordre de se tenir prête à partir pour Dunkerque, pour faire partie d’une armée qui s’organise dans cette région.

photo067 octobre – La brigade embarque à la gare de Saint-Denis et à la gare de Villetaneuse  dans 7 trains
à destination de Dunkerque.

8 octobre – A Dunkerque, ordre est donné de faire continuer les trains de transports sur Anvers, mais la voie est coupée après Gand : la brigade débarque dans cette ville dans l'après-midi du 8 et la nuit du 8 au 9.

Dès son arrivée à Gand, la brigade se couvre: un bataillon du 2ème Reg. est installé sur le front entre Gontrode et Quadrecht, pour compléter la ligne déjà établie par les Belges; un autre bataillon (également du 2ème Rég.) est placé au nord de la Melle, en réserve de ce secteur. Dans le nord de l’Escaut, un bataillon du 1er Rég. va constituer un front défensif face à l’est, entre Heusden et Goudenhant.

un autre du même régiment est placé à Destelbergen, en réserve de ce secteur.
Le reste de la brigade (2 bataillons, la compagnie de mitrailleuses) est rassemblé au sud et à proximité de Gand, en réserve générale au carrefour de Schelde, où l’Amiral place son poste de commandement. 

Les convois (sauf les ambulances) sont réunis à la sortie de Gand (N.O.).
 
9 octobre – On signale qu’Anvers est en feu et près d’être pris, que des forces allemandes suivent l’armée belge en retraite et cherchent à la prendre en flanc, que des forces ennemies de plus en plus nombreuses garnissent la Dender dans la région d’Alost. L’armée belge continue sa retraite vers Bruges.
 
La garnison de Gand, dont la brigade fait partie, reçoit la mission de couvrir la retraite des divisions belges. A midi, le premier contact est pris avec l’ennemi qui attaque le front Gontrode-Quadrecht défendu par un bataillon du 2ème régiment. A 14 heures, le bataillon de réserve de secteur renforce la ligne de feu, il est remplacé à Melle par un bataillon de la réserve générale. Vers la fin de la journée, l’ennemi se retire, mais il reste à proximité. Il occupe les bois, les maisons, tous les obstacles du sol qu’il organise. 

A 21 heures, l’attaque reprend et les Allemands parviennent à s’emparer de Gontrode. Leurs progrès s’arrêtent toutefois à la voie ferrée Quadrecht-Melle qu’ils ne peuvent entamer. 

Une contre-attaque est décidée pour le lendemain matin tôt, en vue de prendre les Allemands en flanc. Mais elle est inutile, les Allemands ayant abandonné Gontrode et Quadrecht au milieu de la nuit.
 
10 octobre – L’ennemi s’est retiré. Gontrode est réoccupé par les marins.
Dans la matinée, un «taube» survole le secteur, Quadrecht est visité par une auto mitrailleuse. L’attaque reprend à midi, toujours sur Gontrode. 

La situation de la brigade, même renforcée par des troupes anglaises, et des troupes belges voisines peut devenir critique, car l’armée belge a continué son mouvement de retraite vers l’ouest et l’ennemi pousse énergiquement ses attaques sur Quadrecht et Gontrode. A la nuit, l’ennemi finit par occuper à nouveau ce dernier point, malgré les renforts.
Le combat continue entre Melle et Gontrode. Comme la veille, les allemands sont arrêtés en avant de la voie ferrée et se retirent au milieu de la nuit.

11 octobre – Grâce à la résistance devant Gand, l’armée belge a pu se retirer sans être inquiétée. Elle est maintenant à une journée de marche à l’ouest et continue sa retraite. La garnison de Gand forme un îlôt au milieu de l’activité allemande. L’ennemi augmente en nombre sur les deux rives de l’Escaut, en aval de Gand, et au sud de cette ville. La décision est prise de se décrocher dans la soirée.

Le reste de la journée est relativement calme. Le repli de la brigade commence à 18 h par ses convois, puis à 18h30 par la troupe qui passe par Tronchiennes, Luchten, Meerandre, Hansbeke, Beliem, Aeltre.
 
DMN_FM_dans_le_Nord12 octobre – Après une marche de nuit de 35 kilomètres par le froid et le brouillard, les bataillons arrivent à Aeltre entre 7 et 9 heures. Rien n’a été abandonné, ni personnel, ni matériel. A Aeltre, après un court repos, la marche reprend à 11h30 sur Thielt par Ruysselede, pour y arriver à 16 heures. La brigade a fait sans pertes 55 kilomètres en 20 heures; l’ennemi a perdu tout contact avec elle. 

13 octobre – Ordre est donné à la brigade de se porter sur Thourout pour y cantonner en passant par Pitthem, Coolscamp, Lichttervelde. Départ à 8 h, arrivée à Thourout à 15 h. On installe un cantonnement d’alerte, toutes les routes sont barrées et gardées. La brigade est placée sous les ordres du Roi des Belges.
 
L’ordre est donné de faire une ligne des marais de Ghistelles à menin, par le bois de Vijnendaule – Cortemark – Staden. La part de la brigade sur ce front va du sud du bois de Vijnendaule exclus à Cortemark et la gare inclus. 

14 octobre – La brigade se porte dès le matin à l’ouest de Pereboom et organise rapidement son front de défense: 2 bataillons et les mitrailleuses occupent les organisations de ce front et fournissent les avant-postes (1er bataillon du 1er régiment et 1er bataillon du 2ème régiment). 2 bataillons sont en soutien à Markow et au N.O. de Cortemark; 2 bataillons et des mitrailleuses restent en réserve générale à Pereboom où l’Amiral établit son poste de commandement.

Le flanc sud de la brigade est sans couverture. L’Amiral signale cette situation anormale au GQG belge qui maintient l’ordre de tenir «coûte que coûte» sur la ligne indiquée. L’ennemi est signalé à Thielt et à Roulers se dirigeant sur Cortemark. D’autres colonnes allemandes sont signalées en route sur Bruges et de Menin sur Roulers. 

pascalbaudezc15 octobre – A minuit, arrive l’ordre de se replier sur l’Yser. Le mouvement commence à 4 h, en suivant l'itinéraire Werkem, Zarren, Eesen, Dixmude. les mouvements s’exécutent correctement, malgré l’encombrement extrême des routes. Le 1er bataillon du 2ème régiment et l’artillerie du groupe Ponthus forment l’arrière-garde. La brigade arrive à Dixmude à 10 h.

Le 2ème bataillon du 1er régiment est porté aux avants-postes sur la route de Woumen, barrant cette route. Le reste de la brigade est à Dixmude (4 bataillons et la compagnie de mitrailleuses), derrière l’Yser protégée par une compagnie sur la route de Seerst. Le poste de combat de l’Amiral est à la chapelle de ND du Bon Secours. 

L’ordre arrive de tenir «coûte que coûte» la tête de pont de Dixmude dont la gare doit servir à certains transports de matériel venant d’Anvers et d’Ostende. Le 1er bataillon du 1er régiment, avec une compagnie du Génie belge, met en état de défense les lisières extérieures de la ville. Dans la soirée, le poste de la route d’Eesen repousse l’attaque d’une automitrailleuse allemande venant de Zarren. 

16 octobre – Les transports par la gare ayant pris fin, la brigade se replie dans la matinée sur Dixmude et l’Yser. Ce mouvement difficile s’exécute en vue des patrouilles ennemies.
Le terrain à défendre est divisé en deux secteurs, séparés par la route Dixmude-Caeskerke, cette route appartenant au secteur nord.
Au nord, le 2ème bataillon du 1er régiment, à Dixmude dans les tranchées organisées autour de la ville, un bataillon du 1er régiment sur la rive ouest de l’Yser, un bataillon du 1er régiment à Caeskerke en soutien.
Au sud, un bataillon du 2ème sur la rive ouest de l’Yser, un bataillon du 2ème régiment en soutien au sud de Caeskerke.
L’Amiral place son poste de commandement à la gare de Caeskerke. Il garde à sa disposition :
La réserve générale est composé d'un bataillon du 2ème régiment et la compagnie de mitrailleuses (à la croisée des routes Dixmude-Pervyse et Dixmude-Oudecappelle) et l’artillerie, deux batteries au sud du 2ème passage à niveau de la voie ferrée Dixmude-Furnes, etla troisième au nord de Caeskerke.  

Dixmude est attaquée vers 16 heures par des forces d’infanterie et d’artillerie de campagne venant d’Eesen.
L’action est assez chaude ; elle se prolonge pendant la nuit et la matinée du 17. 

17 octobre – Les shrapnells tombent sur Dixmude et sur les tranchées en avant sans grands dommages.
A 13 heures, l’ennemi se retire. L’après-midi est calme ; on travaille à refaire et à consolider les tranchées des lisières extérieures de Dixmude, à organiser les tranchées de l’Yser (rive ouest), les tranchées des réserves de secteur et celles de la réserve générale. Ce travail sera repris d’ailleurs à chaque accalmie et toutes les nuits.  

L'artillerie a l’ordre permanent d’ouvrir instantanément le feu, de jour comme de nuit, sur les abords de Dixmude toutes les fois qu’une fusillade et plus particulièrement le bruit des mitrailleuses indique clairement qu’une attaque d’infanterie est dirigée contre nos tranchées. 

18 octobre – La matinée est calme. Une compagnie du 3ème bataillon (1er régiment) est envoyée à la gare de Dixmude en réserve de la défense de la ville.
 
Le Roi des Belges vient visiter les tranchées de l’Yser.
 

A midi, le bataillon (de Kerros) est envoyé en reconnaissance offensive sur Eessen. Il rentre à la nuit dans les tranchées de Caeskerke.

Le 3ème bataillon du 2ème régiment (MAUROS) avec deux autos-mitrailleuses belges est envoyé à Eessen ,en soutien à des unités de cavalerie, où il s’installe pendant la nuit en halte gardée face au nord, et en liaison avec Zarren. 

19 octobre – L’ennemi attaque en force Leke, Keyem et Beerst. Ces villages défendus par des forces belges demandent des renforts. La brigade doit se porter sur Keyem pour enrayer l’attaque ennemie.
Le 1er bataillon du 2ème régiment (JEANNIOT) attaque Keyem par la route, le 2ème bataillon (CONTI) est en soutien. Le 3ème bataillon (MAUROS) qui est à Eessen attaque Hoograde par la route de Wladsloo
Le 1er régiment est rassemblé à Dixmude.

Le mouvement commence à 10 heures.
Le bataillon JEANNIOT est accueilli par des coups de feu partant du village. Il se déploie très malaisément en raison du terrain coupé de canaux, de fossés pleins d’eau. Il est obligé d’attaquer d’abord Beerst. Il est assez éprouvé. Le bataillon qui le suit en soutien (CONTI) le remplace dans cette attaque et, en même temps, se couvre du côté de Keyem. Le 2ème bataillon du 1er régiment (de KERROS) vient en soutien du bataillon CONTI. Le bataillon JEANNIOT rentre à Dixmude. Le bataillon MAUROS débouche de Wladaloo sur Hoograde.

A 17 heures, Beerst est occupée par les marins. A 18 heures, ordre de revenir derrière l’Yser.
La brigade décroche et rentre pendant la nuit dans les cantonnements tout à fait insuffisants de Caeskerke (2ème régiment) et Saint-Jacques Capelle (1er régiment). Ces mouvements sont terminés à 23 heures.

Le quartier maître groisillon, Louis Marie BL(AU_O)REC perdra la vie au cours de ces affrontements.

 20 octobre – A la suite d’ordres donnés dans la nuit, la brigade de Marins prend la défense de l’Yser. Les dispositions nouvelles prises en conséquence sont terminées à 8 heures.
Chaque régiment a un bataillon le long de l’Yser, et un bataillon en soutien dans des tranchées entre la gare de Caeskerke et l’Yser, perpendiculairement à la route. Ordre est donné d’approfondir toutes les tranchées à 1,70 m en vue de mettre les troupes à l’abri du bombardement par l’artillerie lourde allemande.
L’ennemi a repris son attaque de Keyem et de Leke. Il repousse sur l’Yser les troupes belges. A 11 heures, bombardement énergique de Dixmude et des tranchées prépare à 16 heures, une violente attaque sur Dixmude par l’infanterie allemande. L’Amiral envoie en renfort successivement deux compagnies du 2ème régiment et deux compagnies du 1er régiment. Les tranchées résistent. L’ennemi se retire à 20 heures.
En prévision d’une nouvelle attaque, ces 4 compagnies sont maintenues dans les tranchées. 

21 octobre – Dans la nuit, on assiste à une fusillade intermittente. Au nord de Dixmude, les Allemands continuent leurs progrès jusqu’à l’Yser.
 
Le bombardement de Dixmude et des tranchées recommence à 6 heures du matin. Pendant l’après-midi, le bombardement devient violent; nombreux incendies dans la ville. Les compagnies de réserve dans Dixmude sont assez éprouvées.

Vers 19 heures, alerte: des renseignements arrivent d’après lesquels certaines tranchées, tenues par les belges, au sud de la ville seraient prises par les Allemands. L’Amiral donne l’ordre de reprendre les tranchées coûte qui coûte. Il envoie 3 compagnies de renfort et fait battre énergiquement avec l’artillerie les abords immédiats de Dixmude. Après une lutte violente, les Allemands sont repoussés et les tranchées sont réoccupées. A 21 heures, l’ordre est rétabli, mais les 3 compagnies de renfort restent dans les tranchées déjà occupées par les belges.  

22 octobre – La bataille reprend à Dixmude, au milieu de la nuit. On signale de nouveau que des tranchées ont été évacuées au nord de la ville; 2 compagnies du 2ème régiment qui étaient prévues pour la relève y vont et rétablissent les affaires. Elles relèvent ensuite les 2 compagnies du 2ème régiment.
 
Dès l’aube, le bombardement recommence, moins nourri le matin, très intense de 12 à 13 heures, heure à laquelle il cesse. Après-midi calme. On en profite pour améliorer les tranchées et pour évacuer des blessés ennemis. On trouve de nombreux tués allemands tombés près des tranchées. 

Au nord de Dixmude, les Allemands ont franchi l’Yser dans la boucle de Tervaete, repoussant les troupes de la 4ème D.A. belge. Cette division va chercher par une contre-attaque, à jeter les Allemands dans l’Yser.

Le matelot Eugène METAYER est probablement blessé ce jour, il est évacué sur un hôpital de Dunkerque, où il décédera le 24

23 octobre – La nuit, malgré un bombardement intermittent de Dixmude et des tranchées, est mise à profit pour relever les compagnies des tranchées par les compagnies les moins fatiguées des réserves. Le bombardement se prolonge dans la matinée, devient violent dans l’après-midi; les Allemands utilisent de plus gros calibres. 

Aux tranchées devant Dixmude, de fréquentes attaques d’infanterie sont repoussées. Dans la boucle de l’Yser, les Allemands résistent aux contre-attaques belges. Ils finissent par occuper toute la boucle malgré le feu de notre artillerie qui a pris cette boucle pour objectif.
  
24 octobre – Pendant la nuit, relève des compagnies qui sont aux tranchées de Dixmude par d’autres compagnies venant des réserves.

Au matin, le bombardement de Dixmude et des tranchées par l’artillerie lourde allemande postée vers Wladsloo, Eessen, Clerken, reprend. Notre artillerie répond, mais sans résultat appréciable. Les obus nous arrivent également du nord. L’ennemi est maintenant en force sur la rive gauche de l’Yser.
 
La situation de la brigade qui est toujours face à l’est devient critique. En vue d’arrêter le plus loin possible des ponts de Dixmude les progrès de l’ennemi, l’Amiral envoie dans la matinée une partie des réserves de secteur (RABOT) pour étayer l’aile gauche du front de l’Yser, puis vers 13 heures, il envoie la réserve générale, déjà portée depuis le matin à Caeskerke, 4 compagnies (JEANNIOT) vers Oud Stuyvekenskerke pour arrêter coûte que coûte l’ennemi. Ils réussissent à constituer un front face au nord, sur lequel l’ennemi s’arrête. Mais les pertes sont grandes. La plupart des officiers des éléments engagés, notamment des 2ème et 3ème bataillons du 1er régiment (secteur nord), sont hors de combat. 

25 octobre – La nuit se passe sur les positions occupées. La bataille reprend, mais moins violente au nord  les Allemands paraissent chercher à gagner du terrain vers Pervyse et Ramscapelle.

Sur le front de Dixmude, les attaques allemandes sont repoussées. L’ennemi bombarde la ville et les tranchées extérieures, les tranchées de l’Yser, tout le terrain entre l’Yser et Caeskerke, et en particulier la gare de Caeskerke où se tient l’Amiral.
 
Dans la soirée, le GQG belge fait connaître qu’il a pris les mesures nécessaires pour inonder la rive gauche de l’Yser entre le fleuve et le chemin de fer de Nieuport. 

26 octobre – La nuit est troublée, on s’attend à une attaque violente, ayant eu connaissance de groupements importants ennemis amenés autour de Dixmude par les trois routes d’Eessen, de Beerst et de Woumen. Les troupes sont très fatiguées et très éprouvées par les journées précédentes, par les combats sans arrêt et sous les feux d’infanterie et d’artillerie lourde. 

Vers 19 heures, la compagnie GAMAS qui se rend aux tranchées de l’est, se heurte à une demie compagnie allemande, sur la route d’Eessen, au débouché de la ville de Dixmude. Elle l’aborde immédiatement à la baïonnette, tue une quarantaine d’Allemands, tandis que les autres s’enfuient. 

Dans la nuit, une colonne allemande, forte probablement d’un demi-bataillon, réussit à la faveur de l’obscurité et grâce à la fatigue des troupes à pénétrer dans Dixmude. Elle parvint jusqu’au pont de l’Yser. La garde de pont reconnut la présence des Allemands, et ouvrit le feu  Ceux qui l’avaient franchi furent aperçus au jour et faits prisonniers. Le Capitaine JEANNIOT et le médecin DUGUET trouvèrent la mort dans cette affaire  l’abbé LE HELLOCO, aumônier du 2ème régiment fut blessé.
Les marins occupent à peu près toutes les tranchées extérieures de Dixmude.

27 octobre – Pendant la nuit, l’Amiral cherche à mettre de l’ordre dans les dispositions des troupes. A Dixmude, deux compagnies du 2ème bataillon du 2ème régiment occupent les tranchées (CONTI), les 2 autres compagnies sont placées sur la rive gauche dans des tranchées près du pont.
 
Les rives de l’Yser et le crochet défensif face au nord sont tenus par 11 compagnies (2 du 2ème régiment et 9 du 1er). En réserve 9 compagnies dont 5 très fatiguées et désorganisées.

A 8 heures, le bombardement reprend. Il devient très intense entre 12 et 15 heures, et se fait particulièrement sentir sur les ponts de Dixmude et les tranchées sud de la ville (cimetière). Les pertes sont importantes. Les tranchées atteintes par le bombardement sont démolies.   

Le matelot groisillon Laurent A. DERRIEN est tué lors de cette journée

28 octobre – La nuit et la matinée sont calmes. L’Amiral en profite pour faire refaire et améliorer les tranchées et pour continuer à remettre de l’ordre dans les bataillons.
 

A 10 heures, un bombardement violent reprend sur Dixmude et tout le terrain à l’ouest de l’Yser, sans que notre artillerie réussisse à en diminuer l’intensité. Les tranchées sont bombardées et les pertes considérables.
La ville de Dixmude est à peu près détruite. Ce bombardement prend fin à la nuit, au moment où une attaque d’infanterie se produit contre les tranchées du cimetière, attaque qui est d’ailleurs rapidement repoussée par les défenseurs des tranchées aidés par l’artillerie de campagne.

Au nord, la bataille continue


29 octobre – Ce bataillon est engagé, on ne peut l’enlever ni le relever.
L’Amiral envoie à Roussdamme un bataillon de marins, composé de la 7ème compagnie du 1er régiment  et  des 2ème, 4ème et 5ème du 2ème régiment prélevées sur les réserves. Ce bataillon, commandé par RABOT  participera aux affaires de Pervyse et de Ramscapelle.
 

A 8 heures 30, reprise du bombardement.


30 octobre – La nuit est cependant tranquille, les Allemands se contentent d’envoyer des shrapnells pendant toute la nuit sur Caeskerke et le carrefour où se trouve le poste de commandement de l’Amiral. Au jour, ils attaquent avec succès Ramscapelle et, avec pertes, Pervyse.
 

Sur le front de Dixmude, bombardement de la ville et des tranchées de l’Yser. Le pont du chemin de fer est en partie détruit par un obus vers 17 heures. Au sud de Dixmude et depuis la veille, on entend une très violente canonnade ininterrompue qui se prolonge pendant toute la nuit.
 

31 octobre – L’ennemi est repoussé de Ramscapelle. Au nord, il paraît se retirer sur l’Yser, chassé sans doute par l’inondation qui progresse légèrement. A Dixmude, le bombardement diminue d’intensité. Plus d’attaques d’infanterie sur les tranchées de la ville.
 
Au sud sud-est, on entend toujours une violente canonnade.