La bataille de la Marne s'engage dès le 6 septembre sur toute la ligne de front. L'ensemble des armées françaises, ainsi que la petite armée anglaise, se préparent à prendre l'offensive .

Le Généralissime adresse une proclamation aux armées qui deviendra historique : " Au moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du Pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés à attaquer et repousser l'ennemi. Toute troupe qui. ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée. "

Vassimont_6sept_14__2 Le 11ème Corps d'Armée (auquel appartient le 62ème RI), est établi défensivement de Morains-le-petit à Lenharrée et même Vassimont et Sommesous, pour barrer à l'ennemi les routes venant de Chalons et de Vertus. La 44 ème brigade (19e RI et 118e RI) tient le front de Normée exclus à Lenharrée. Le reste du régiment s'établit en réserve derrière le remblai de la voie ferrée. Le 118e RI se positionne dans les bois au sud de Normée inclus. La 43 ème brigade (62e RI et 116e RI) couvre le flanc droit jusqu'à Vassimont. Les 1er et 3ème bataillons du 19ème, avec 2 sections de mitrailleuses en avant du village de Lenharée.

Les différentes unités sont en place vers 10 h. Sous une chaleur étouffante, les heures passent, angoissantes. Vers 14 h, une attaque de 150 cavaliers Allemands est repoussée.

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Le 7 septembre, ordre est donné au 11ème corps d'armée de maintenir ses positions et d'attaquer l'ennemi: " Avec l'appui de l'artillerie, la 21ème division d'infanterie s'efforcera de reprendre Morains le Petit-Ecury-Normée. La 22ème division d'infanterie appuiera l'attaque de la 21ème division et tiendra solidement Lenharrée."

Or, dès le matin, les Allemands attaquent, empêchant l'action offensive du 11ème corps d'armée.

A Lenharrée, le bombardement est très intense, les combats sont violents. Malgré plusieurs assauts ennemis, le 19ème Régiment d'Infanterie se maintient, non sans de fortes pertes. Les tirs des 75 Français ont permis a 2 reprises de repousser les assauts Allemands. A aucun moment de la journée, ceux ci ne pénétreront dans le village de Lenharrée.

Vers 19 heures, le 19e R.I. reçoit un message : "J'adresse toutes mes félicitations au 19e RI pour sa glorieuse conduite. Je mets à votre disposition un bataillon du 62e R.I. et un bataillon du 116e R.I. Toute la ligne passera à l'offensive le 8 à 4 heures du matin."

Les bataillons des 62e et 116e R.I. relèvent les unités du 19ème RI en avant de Lenharrée. Le 19ème régiment d'infanterie se reforme le long de la voie ferrée pour prendre un repos bien mérité avant de repartir à l'attaque prévue à 4 heures du matin.

Emile Eugène LE CLAINCHE (voir article suivant) est probablement blessé le 6 ou le 7 septembre. et il est évacué vers un poste de secours à l'arrière (à Gourgançon)

Mais cette offensive du 8, n'eut pas lieu car, vers 3h30, les Allemands déclenchent une attaque générale sur Lenharrée-Haussimont-Vassimont.. Ils réussissent à s'emparer de Haussimont et de Vassimont. Mais, pris sous le feu nourri les compagnies qui garnissent la lisière des bois, il subissent de lourdes pertes et ne peuvent progresser. L'ennemi renouvelle ses efforts toujours avec le même insuccès, mais vers 10h., ces unités constamment renforcées parviennent à faire céder le 2ème bat. du 62ème et le 1er bat. du 116ème, qui occupent Lenharée, violemment bombardés et attaqués par les forces supérieures, sont obligés de se retirer par la voie ferrée. Les allemands prennent le village de Lenharrée et parviennent à la voie ferrée où se trouve le 19ème régiment. Après de furieux combats, la 22ème division d'infanterie, se replie sur Fère Champenoise et Connantray. Le 11e C.A livre de durs combats sur le plateau d'Oeuvy ou il subit de fortes pertes, puis se replie sur Corroy, Gourgançon, Semoine qui sera le point extrême de la retraite. Le 62ème, qui s'est rallié sur les positions au sud de ce village, organise celles-ci défensivement pendant la nuit: les 1er et 3ème bat. en 1ère ligne, le 2ème bat. en réserve.

Dans la soirée, des nouvelles réconfortantes arrivent "les allemands sont en retraite sur tout le front".

Mercredi 9, dans la matinée, l'artillerie allemande se montre très active, dans le but de permettre à son infanterie de se replier, elle canonne violemment nos positions. A 18h., le 62ème reçoit l'ordre de reprendre l'offensive et de se porter à Montepreux et la côte 209. A 23h, il atteint les positions indiquées, mais un nouvel ordre le ramène en arrière, et, à 3h., il réoccupe les positions primitives au sud de Semoine. 

Jeudi 10, offensive française en Argonne

A 6h., la 43ème brigade reçoit l'ordre de reprendre l'offensive dans la direction de Sommesous. Le 62ème se porte en avant à 8h.; le 3ème bat. forme l'avant-garde. Il occupe successivement la côte 206 et la hauteur de l'Arbre; puis, renforcé par le 2ème bat., il se porte sur la côte 209. A 18h., la 43ème brigade reçoit l'ordre d'enlever Sommesous. Le 1er bat. attaque dans le  triangle de la voie ferrée et la route de Mailly en liaison avec la gauche du 116ème R.I. Le 3ème bat. en réserve à hauteur de l'Arbre.Dans la nuit, les Allemands évacuent Sommesous abandonnant leurs morts et blessés. Les environs sont jonchés de nombreux cadavres attestant la violence de la lutte. 

Ordre de repli général des troupes allemandes

Vendredi 11, recul général des armées allemandes, entre l'Ourcq et Verdun.

La véritable poursuite commence. Dans la joie de la victoire, les hommes oublient toutes leurs fatigues, toutes leurs privations, les colonnes ennemies sont talonnées à courte distance et, le soir, après une marche de toute la journée, on est déjà loin de Sommesous, on cantonne à Nuisement, le 116ème prend les avant-postes.

Le 12 septembre, ils traversent Chalons en Champagne, Saint Etienne et Fontenelle où le 19e RI bivouaque le soir.

Lundi 14, fin de la bataille de la Marne. Le front se stabilise entre l'Oise et l'Argonne. La victoire française n'est pas décisive, faute d'avoir pu être exploitée.

Le 21 septembre, se trouvant à Rilly, les régiments prennent connaissance de l'ordre d'évacuation du 11ème C.A. Il est rattaché à la IIéme Armée. Les régiments rejoignent Compiègne à marche forcée ou ils sont embarqués, le 22 septembre, en chemin de fer pour Amiens dans la Somme